Chicken, 2024
Squelette de T-rex en résine, morceaux de poulet.
Le parallèle entre les poulets et les dinosaures cherche à revaloriser l’animal le plus consommé et abattu de la planète, en révélant sa filiation directe avec une créature qui régna autrefois sur la Terre et qui, depuis, a été mythifiée par Hollywood.
Cette analogie met en évidence l’étonnante continuité de l’évolution : ce que nous percevons aujourd’hui comme ordinaire, fragile ou insignifiant — le modeste poulet — porte en lui l’héritage de créatures autrefois majestueuses et redoutées. Elle nous rappelle que la vie ne progresse pas selon une hiérarchie linéaire, mais à travers des transformations, des survivances et des adaptations qui brouillent la frontière entre le mythique et le banal.
En convoquant l’image du dinosaure — figure profondément ancrée dans la culture populaire comme symbole de puissance, de grandeur et d’extinction — cette perspective questionne notre rapport à la consommation de viande. Elle nous invite à repenser la manière dont nous classons et valorisons les êtres vivants : comment une lignée est glorifiée dans l’imaginaire collectif, tandis qu’une autre est banalisée, industrialisée et réduite à une marchandise.
En définitive, ce changement de point de vue ouvre un espace critique où la paléontologie croise l’éthique, le cinéma dialogue avec la biologie, et où l’étal de supermarché se heurte à la préhistoire. Le poulet n’est plus seulement un aliment : il devient un fragment vivant du temps profond, un rappel de la continuité fascinante de l’évolution et des contradictions de notre rapport au monde animal.