L’emblématique bouteille de Saint Yorre, devenue mon unique source d’hydratation au fil des années, devient un objet central dans ma vie quotidienne, alimentant ma passion constante pour la course à pied. Cette œuvre, résultat de la multiplication de couches successives de bouteilles, évoque non seulement la dévotion à la pratique sportive, mais offre également une métaphore visuelle riche en significations.

L’accumulation stratifiée de ces bouteilles crée une esthétique qui rappelle les strates d’un chantier archéologique. Chaque couche superposée témoigne du passage du temps, des kilomètres parcourus, et des efforts déployés au fil des courses. Cette démarche artistique devient ainsi une exploration visuelle des couches de l’expérience humaine, tout en soulignant la persévérance nécessaire pour atteindre des objectifs athlétiques.

La répétition de la bouteille de Saint Yorre, élément exclusif de cette série, évoque avec ironie les mécanismes d’addiction. J’invite à réfléchir sur la simplicité d’une dépendance qui, dans ce contexte, peut sembler anodine – l’eau, élément vital, mais détournée ici dans une perspective artistique singulière.

L’inclusion de cette bouteille dans la série des « natural-glitches » révèle un lien avec le travail du photographe plasticien Jean Paul Goude. Cet hommage artistique peut être perçu comme une réinterprétation des glitchs, ces imperfections numériques, dans le contexte naturel et tangible de la vie quotidienne. La bouteille devient ainsi un sujet photographique plastique, une œuvre à part entière qui transcende sa fonction initiale.

En somme, cette création artistique sert de témoin matériel à la dévotion de l’artiste envers la course à pied tout en offrant une méditation visuelle sur les mécanismes de l’addiction et en rendant hommage à l’esthétique du glitch propre au travail de Jean Paul Goude. Elle incite le spectateur à explorer les strates de la vie quotidienne, mêlant l’ordinaire et l’extraordinaire dans une composition artistique singulière.