Wall, 2023

Humain, pierres calcaires.

Cette mise en scène met en tension plusieurs temporalités : la durée géologique de la pierre, l’héritage agraire du mur construit, et l’éphémérité de la chair humaine. L’œuvre peut se lire comme une métaphore de l’Anthropocène : l’homme, d’ordinaire constructeur, devient ici matériau, intégré dans ce qu’il édifie, prisonnier de son propre dispositif.

Elle convoque aussi l’idée de résilience et de mémoire : le corps semble renaître de la terre autant qu’il s’y engloutit, oscillant entre protection et claustration. Le mur devient matrice autant que tombeau.

Visuellement, le contraste entre la douceur organique de la peau et la rugosité minérale des pierres renforce cette ambiguïté : fusion ou conflit, harmonie ou écrasement. L’œuvre nous renvoie à notre condition : êtres de passage, coincés entre nature et culture, chair et pierre, vivant et fossile en devenir.